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LA FIANCÉE DE L'ABBÉ

par Emilie Gavoille

En septembre 1971, l'abbé Jean-Claude Barreau, 39 ans, responsable du catéchuménat pour le diocèse de Paris, annonce sa décision de se marier.

Cette nouvelle fait alors grand bruit. L'abbé Barreau avait acquis une grande notoriété après la publication de "La foi d'un paien", dans lequel il racontait sa conversion. 

Ainsi se trouve lançé le débat sur le célibat des prêtres.

Quarante ans plus tard, sa fille Chloé revient sur l'histoire de ce scandale. Pourquoi un tel déchainement médiatique?

Le film aurait pu s'appeler "la belle et l'abbé" ou bien "la faute de l'abbé Barreau", en référence au roman de Zola

(La Faute de l'abbé Mouret), qui dépeint les tourments d'un pretre tiraillé entre vocation religieuse et passion charnelle. Chloé Barreau a finalement préféré une formule plus subjective pour intituler le documentaire qu'elle consacre

à l'histoire d'amour interdite de ses parents.

En 1971, Jean-Claude Barreau, 38 ans et plus d'une décennie en soutane, annonce vouloir rendre l'habit pour se marier avec Ségolène. La révélation fait scandale, d'autant que l'abbé charismatique aux faux airs de Gérard Philipe porte

sur le devant de la scène la question du célibat des prêtres.

Sur le plateau du Club de la presse, émission phare de l'époque à laquelle le convie le jeune Etienne Mougeotte,

les reproches fusent et l'entretien tourne au réquisitoire — « Pin-up boy ! » lui lance un journaliste. Assertion à laquelle l'intéressé répond en proposant, un rien provoc, de discuter de la place de la femme dans l'Eglise : « Les Evangiles sont extraordinairement féministes, et nous avons laissé notre Eglise, en tout cas nos églises, devenir assez misogynes. »

"Un homme dont les sincérités successives

                                    sont la marque d'une fidélité"

Si le curé défroqué semble n'avoir pas souffert outre mesure des attaques virulentes dont il fut l'objet, ce n'est pas le cas

de son épouse. D'une sincérité douloureuse et parfois crue, son témoignage est désarmant ; la souffrance d'avoir

été couverte de l'opprobre familial le dispute aux souvenirs d'une enfance rudoyée.

Reste cette question, soumise par la mère à sa fille : « Je ne sais pas très bien quelle est ta motivation ? »

Cette introspection chorale y répond à sa manière, qui sonne à la fois comme une oeuvre de transmission et la défense par une fille des choix de vie de son père — « un homme dont les sincérités successives sont la marque d'une fidélité ».

 

La Faute à mon père

Documentaire de Chloé Barreau

Vendredi 17 mai 2013 à 0h05 sur France 3